N’omettez pas d’apprendre à copier!

By Roy Pallas | Réflexion

Débutants commencez ici !

Un petit test pour se lancer tranquillement ?

Hello ! Avant de commencer à parcourir mon blog, vous pouvez passer mon petit QUIZZ ! En quelques questions (un peu rigolotes) vous déterminerez le type de dessinateur que vous êtes !

Jul 29

 

dessiner et copier

Si par hasard vous créez un forum artistique et que vous manquez de contenu, ouvrez un topic en le nommant “la copie est-elle un art?” et en un mois vous aurez assez de réponses pour imprimer un ouvrage plus épais que le Mahâbhârata.

Le terme est entendu comme péjoratif. On copie parce qu’on ne possède pas d’imagination où qu’on ne sait pas faire. Lorsqu’un élève copie sur un autre ce n’est pas bien… je pense sincèrement que c’est là une vision d’un esprit restreint.

Les débutants « copieurs » veulent entretenir leur passion naissante du dessin. Ils ne veulent pas forcément faire de l’art avec un grand A ! Laissons les copier. Personnellement, j’encourage ceux qui se lancent dans le dessin à s’y exercer!

Ce que recherchent les gens dans le fait de copier

Pour moi ça montre une volonté de progresser de manière autonome. C’est le moyen qu’utilisent spontanément les gens qui n’ont pas de méthode, pour se lancer dans le dessin. C’est donc les premiers pas d’une autodiscipline.

La copie c’est aussi une forme d’admiration envers un modèle. Les images que l’on copie nourrissent notre enthousiasme et il ne faut pas oublier que si on les a choisis ce n’est pas un hasard, c’est parce que quelque chose en elles nous plaît. C’est une force puissante pour évoluer en dessin, j’en parle dans cet article.

 

Les débutants qui font de la copie se tirent vers le haut. Le modèle que les gens qui débutent souhaitent dessiner est toujours infiniment plus difficile à reproduire que pour une personne ayant déjà de l’expérience. En gros le débutant ne sait pas s’il va réussir, il ne sait pas comment un dessinateur pro s’y prendrait pour représenter ce même modèle, tout ce qu’il sait c’est qu’il veut dessiner.

 

 

La technique avec laquelle on copie et le modèle sont rarement de la même nature

Généralement on choisit un modèle qui est plus « précis » que ce que l’on est capable de faire soi-même. Par exemple on dessine au crayon sur une feuille, d’après une photo. En plus de l’objectif que le dessinateur se fixe en voulant reproduire cette photo, il a l’intention de capter quelque chose de l’image (il réussira ou pas selon le sentiment qu’il aura à la fin de son exécution). Si la photo se suffisait à elle-même, pourquoi chercherait-on à la dessiner?

On dessine parce qu’on veut comprendre. Une fois qu’on a un minimum saisi le fonctionnement du modèle on peut s’approprier l’image (même si ce n’est que l’apparence).

Si on souhaite copier dans le sens « reproduire » exactement, on ne dessinerai que des dessins.

Pourquoi cette pratique n’est pas plus répandue ? Parce qu’un dessin a un caractère moins objectif, plus imparfait, est déjà imprégné d’un geste humain. Ceux qui ont essayé de reproduire leurs dessins sauront de quoi je parle.

Si on essaie de recopier un dessin, on en exagèrera les déformations. Ça n’aide pas beaucoup à être plus habile…

 

 

Pourquoi c’est si pratique de copier d’après photo?

La photographie est la technique la plus précise pour capturer l’apparence des choses.

Si c’est le support le plus utilisé, c’est parce qu’il est fixe, on peut donc prendre son temps pour observer l’image et la comprendre. Elle sert au mieux l’apprentissage autonome.

On a le temps d’appliquer des techniques ou d’en développer et de créer des effets. Et même si on ne réussit pas du premier coup, on peut revenir, le modèle n’aura pas changé.

On voit nos améliorations dans cet exercice (à la fois le plus confortable du dessin et le moyen le plus basique de s’y initier).

On voit qu’on s’améliore lorsqu’on remarque que l’on est capable de plus en plus de précision dans la reproduction. On peut clairement noter si il y a une amélioration de l’observation, des proportions, des valeurs, de la sensibilité à la lumière…

 

La recette pour persévérer c’est de voir qu’on s’améliore, le dessin d’après photo nous y aide clairement.

 

Voici une petite analogie avec le sport. Le volley-ball possède des règles qui constituent un cadre dans lequel le joueur évolue. L’entraîneur s’en sert pour juger l’amélioration du pratiquant.

Imaginez que vous commenciez à jouer au volley, au début vous n’êtes pas doué pour les réceptions, pour sauter, pour les services. Mais vous continuez à persévérer et après quelques mois, vous réceptionnez plus de balles, vous sautez plus haut, vous faites de meilleurs services. Vous constatez que vous avez progressé dans ce cadre.

Maintenant imaginez que vous commenciez à jouer au volley, que vous êtes mauvais. Après une semaine on vous dit de jouer comme vous l’entendez, sans aucune règle… Comment saurez-vous que vous progressez sans ce cadre ?

Dans la vie d’un dessinateur, il y a des étapes dont à ma connaissance aucun livre ne parle, celle qui consiste à se mettre dans un cadre auquel on se réfère pour évoluer. Son utilité est de créer un minimum de risque de dispersion, d’avoir un but clair et précis.

 

 

Pourquoi certains restent sur la copie?

C’est là que ça en devient délicat. Pourquoi sortir de sa zone de confort si difficilement gagnée? Je vois 3 cas de figure personnellement :

Une personne qui a fait énooormément de copies peut avoir : soit le sentiment de ne plus évoluer ; soit elle s’imagine qu’elle n’a pas encore atteint la maitrise qu’elle souhaite ; soit elle se satisfait du talent développé et se repose sur ses lauriers.

La première personne n’aura pas conscience des autres possibilités du dessin et comment elle peut se créer un fil directeur d’apprentissage.

La seconde personne s’enferme dans du perfectionnisme technique.

La troisième n’aime pas l’idée de repartir de zéro et se repose sur ses acquis.

Dans les trois cas, ces gens seront bloqué à un moment où à un autre.

 

Comment sortir de la copie

Une astuce simple pour pouvoir rendre votre dessin unique est de changer un élément. Essayer un outil moins précis, ajouter une couleur qui n’existe pas sur le modèle, combinez 2 images etc. Voici quelques dessins que j’ai réalisé d’après photo durant ma période “super-héros”.

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wolverineforum

Iron man

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Une fois cette période passée, je me suis plus intéressé au graphisme des croquis rapides et à la composition. Les dessins suivants sont des croquis réalisés d’après le film “Drive”, j’ai souhaité saisir les postures des personnages dans certaines séquences. Le film est très coloré, je me suis donné comme règle de prendre la couleur qui traduit le mieux l’action.

Pour d’autres techniques créatives, vous pouvez faire appel à votre cerveau droit en lisant cette chronique “ce que vous devriez retenir du livre dessiner grâce à votre cerveau droit

drive 4

 

drive 9

 

Des artistes qui copient mais pas que…

 

À propos de la grande question de savoir si la copie est un art, sachez que l’artiste Gilles Barbier a dessiné toutes les pages de dictionnaire. Il affirme « la copie, c’est mon travail d’origine. Toutes mes oeuvres n’en sont que la déclinaison. » Cette démarche a fait l’objet d’une exposition… artistique. En sachant cela, peut-on encore parler de la copie comme n’étant pas un art puisque cette démarche a été exposée?

La copie est avant tout un bon exercice, elle devient un art à condition qu’elle soit un moyen et non la finalité. Un moyen de faire entendre un propos. Je vous invite à aller voir du côté d’artistes tel qu’Ernest Pignon Ernest ou Robert Longo pour vous faire une idée.

Certes il y a plus de copieurs qui ne sont pas (ni ne deviendront jamais) des artistes, mais est-ce une raison d’occulter les acteurs de la scène artistique contemporaine qui ont réussi à donner de la personnalité à une technique que certains disent impersonnelle? Ou sont-ils les exceptions qui confirment la règle?

 

 

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