Le dessin vu du modèle

By Roy Pallas | Croquis

Débutants commencez ici !

Un petit test pour se lancer tranquillement ?

Hello ! Avant de commencer à parcourir mon blog, vous pouvez passer mon petit QUIZ ! En quelques questions (un peu rigolotes) vous déterminerez le type de dessinateur que vous êtes !

Cet article est rédigé par Marie du blog “http://blog-un-modele-des-ateliers.com/

Chaque fois que je pose, je pense aux dessins. À ceux que les étudiants tentent de réaliser. À d’autres aussi, plutôt expressifs, que certains artistes sont en train d’exécuter. Puis, à ceux qui seront difficilement achevés par les débutants dans le dessin du Modèle Vivant. Pourtant, chacun d’eux à quelque chose de magnifique!

Je m’appelle Marie G et je travaille professionnellement comme modèle vivant depuis le début des années 2000. Je pose pour des écoles d’art, pour des artistes et des universités. Mon travail consiste à permettre aux dessinateurs d’observer, de décortiquer, de comprendre et de dessiner le si complexe corps humain.

Dans son blog-le-dessin.com Roy vous montre de bonnes astuces pour dessiner le modèle vivant. C’est ce qui m’a donné le gout de vous apporter mon point de vu sur le dessin en tant que modèle.

Comment aborder le dessin à partir du modèle vivant?

Dessiner le corps humain à partir du modèle vivant comporte de nombreux avantages malgré sa complexité et à cause du fait qu’il est probablement le dessin le plus difficile à exécuter. Dans un des ateliers où je pose, un peintre spécialisé dans les paysages, me disait que depuis qu’il vient dessiner chaque semaine le modèle vivant, les arbres et la nature dans ses tableaux ont un aspect plus vivant !

«Une certaine vibration de la nature s’appelle l’homme

                                                                                            Francis Ponge

Il y a plusieurs façons d’aborder le dessin du modèle vivant. Les approches sont infinies et les possibilités sans limite. Même les grands artistes, après des années, sont toujours fascinés et intrigués par la figure humaine.

Regarder et observer «l’invisible»

Nous sommes tous faits de la même manière, c’est-à-dire d’un appareil squelettique, musculaire et d’un système tégumentaire qui les recouvre. Autant, le dessinateur que le modèle peut se mouvoir grâce à leur squelette et aux muscles cachés sous leur peau.

Les os et les muscles sont en parti la raison de l’aspect morphologique du corps humain. Ils sont dissimulés sous la peau, donc invisibles, mais responsables des formes, des saillis, des reliefs ou des méplats.

Regarder et observer « l’invisible » pourrait donc faciliter votre approche.

Le squelette est «le plan du poème humain».

                                                             Charles Baudelaire

Un autre élément qui peut se qualifier d’«invisible» est l’équilibre. Le corps maintient son équilibre entre autres par des points d’appui. Par exemple, tracer un trait de la tête jusqu’au point d’appui, pourrait être le début d’une des lignes de construction. Voyons comment les observer et les dessiner.

Poses rapides

Les poses rapides sont une belle occasion de dessiner le mouvement, en cherchant d’abord l’axe de gravité qui permet au corps de tenir en équilibre.

Rechercher et identifier le point d’appui où repose le poids du corps avant de dessiner est un bon repère d’observation.

Lorsque on me demande de faire des poses rapides, c’est-à-dire; 30 secondes, 1 minutes, 2 ou 3 minutes, j’exécute celles-ci de façon spontanée et je les enchaine rapidement. Malgré les différentes positions, debout ou accroupie, je dois garder l’équilibre et présenter un corps stable. C’est ce que vous pouvez observer et ensuite dessiner spontanément ce point de stabilité par de simples traits. Même si cela a l’apparence de «bonhommes» imparfaits!


Fusain Marie G

Dessiner sur la même feuille sans vous soucier du résultat final. Bien sûr vous êtes en train de vous réchauffer la main mais le plus important est de vous réchauffer l’œil.


Fusain de vigne Marie G

Poses courtes

Saisissez les axes transversaux pendant les poses courtes qui sont généralement entre 5 et 15 minutes. Lorsque je pose dans ces courts laps de temps, je m’efforce à présenter et à varier l’axe de mes épaules et de mes hanches. Encore une fois, vous pouvez les repérer et dessiner simplement un trait reliant les deux épaules puis les deux hanches. Faire pareil pour les genoux et les pieds en respectant l’angle des ces axes.

Tout ceci développera votre sens de l’observation et vous emmagasinerez des excellents et subtils points de repères pour vos futurs dessins.


Crayon mine Marie G

Poses longues

Pour certains, un 20 minutes entre dans ce terme. Mais on peut considérer les poses longues comme, au minimum, un 45 minutes. Elles peuvent se prolonger pendant des heures, avec des pauses bien sûr, selon les classes. La pose longue permet d’approfondir le dessin. D’élaborer, de détailler et de peaufiner.

Pour un débutant, la pose longue devient interminable. Dans ce cas, il est possible pour le dessinateur de se déplacer pour faire plusieurs dessins avec différentes perspectives de la même pose.

Dans un autre ordre d’idée, il peut rester sur place et recommencer plusieurs fois avec différents medium chaque fois ou sur d’autres supports.

Dessiner des phrases

Le dessin du corps humain est un moyen d’expression extraordinaire. Une sorte de langage composé de traits et de courbes qui formeront une phrase complète.

En posant dans différentes classes, j’ai accès aux nombreux conseils des différents professeurs. Je ne bouge pas pendant la séance, mais je peux écouter!

Une des enseignantes et artiste professionnelle, expliquait l’importance de  chacun des traits qui compose le dessin et de les traiter comme des mots qui forment des phrases. 

Dans son livre, Anatomie Artistique, Arnould Moreaux considère que, pour un artiste, la connaissance de l’anatomie humaine est nécessaire et importante car elle représente une des parties de la «grammaire» des arts plastiques.

Ainsi «lire» le corps humain vous permettra de relier vos traits de manière harmonieuse et sensible.

Par exemple; la courbe du crâne, le trait du cou, la courbe de l’épaule. Puis repartir à la jonction du deltoïde et du triceps, signifier le coude, poursuivre le trait le long de l’avant bras et tracer par une courbe le renflement du poignet.


Crayon mine Marie G

Traverser l’épiderme

Ces quelques approches sont bien sûr une infime partie des nombreuses façons d’aborder et de dessiner la figure humaine à partir du modèle vivant. Mais croyez-moi, elles sont des plus précieuses!

On dit souvent, que pour s’améliorer, il faut dessiner, dessiner et dessiner encore. Mais je pense aussi qu’il est notable de s’aventurer dans la connaissance anatomique du corps et, du regard, «traverser» l’épiderme.

Par la suite, en élaborant vos dessins, vous comprendrez comment le corps se déhanche, se plie, exécute des torsions ou simplement se tient en équilibre.

Cette plongée intérieure expliquera les raisons des lignes tantôt courbes, tantôt droites de l’apparence extérieure du corps.

Moi-même j’ai dû apprivoiser mon corps pour diversifier mes poses. Vous possédez vous aussi ce fantastique appareil musculo squelettique. Comme l’explique un des professeurs, vous pouvez parfois essayer de prendre la position du modèle pour sentir dans votre propre corps comment se positionnent les différentes parties du corps. Le dessin n’est pas que le temps du crayon sur le papier. Il comprend également le temps d’observation, de recherche et de réflexion. 

Il y a surement un atelier libre de modèle vivant près de chez vous. N’hésitez pas à yaller régulièrement. Il serait faux de penser que ces ateliers ne sont réservés qu’aux professionnels ou aux experts en dessin. Ils sont pour tous ceux qui aiment dessiner! J

Marie G

blog-un-modele-des-ateliers.com

{lang: 'fr'}
No votes yet.
Please wait...
>