Ce que vous devez retenir du livre « the natural way to draw » (partie 1)

By Roy Pallas | Chroniques de livres

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Un petit test pour se lancer tranquillement ?

Hello ! Avant de commencer à parcourir mon blog, vous pouvez passer mon petit QUIZZ ! En quelques questions (un peu rigolotes) vous déterminerez le type de dessinateur que vous êtes !

Jun 02

Vous ne pouvez pas vous passer de ces conseils si vous êtes dans un atelier ou que vous dessinez pour vous-même et apprenez en autodidacte. À la fin de cet article, vous connaîtrez :

  • comment vous entraîner pour progresser en dessin
  • un exercice étape par étape pour dessiner les contours et améliorer votre habileté
  • vous saurez ce qu’est une “outline”
  • la différence entre un contour et une “outline”
  • comment saisir les objets de manière dynamique
  • comment déceler l’énergie d’un objet ou d’une posture
  • une analogie simple pour savoir comment passer de l’ébauche vers un dessin plus fini
  • un exercice pour stimuler votre imagination tout en ayant le modèle sous les yeux
  • les avantages de changer régulièrement de médium durant notre carrière de dessinateur et comment manier un nouveau médium rien qu’en dirigeant votre attention sur un élément précis

Si vous êtes dans un atelier, vous allez entendre les conseils de Kimon Nicolaides à travers les paroles de votre professeur tant ce savoir est universel et l’ouvrage fondamental.

Si vous êtes un dessinateur autodidacte vous ne verrez plus le dessin comme étant simplement une accumulation de lignes que vous posez sur papier. Vous comprendrez que chaque ligne porte en elle une énergie, et que chaque dessin que vous faites montre de quelle manière vous voyez le monde qui vous entoure. Plus important, comment vous interagissez avec le monde autour.

Dans son introduction il explique que le dessin est une affaire de sensation (les 5 sens contribuent à l’exécution) au lieu de se focaliser sur la main et l’œil, plus vous pouvez interagir avec votre modèle, plus vous en ressortirez une représentation riche.Vous allez éviter que vos dessins paraissent sans vie. Vous comprendrez pourquoi certaines de vos réalisations sont monotones. Vous aurez également un plan avec des exercices simples pour débuter à pratiquer la voie naturelle du dessin.

Moi-même je n’avais pas conscience de tout ce qu’impliquait l’acte de dessiner sur une feuille. J’ai commencé à comprendre qu’il y avait beaucoup plus de richesse dans les dessins fait dans le bon état d’esprit que dans de simples copies. C’est en lisant « dessinez grâce au cerveau droit » pour la première fois que je me suis rendu compte que c’est juste une technique simple et géniale ! J’ai voulu en savoir plus et j’ai suivi les recommandations de Betty Edwards en allant chercher « the natural way to draw »

En pratiquant de la manière décrite dans le livre, il y a véritablement un soulagement qui se fait au niveau du cerveau. On peut sentir les pensées fuirent durant la séance.

J’ai réalisé quelques exercices mais mon emploi du temps est trop chargé en ce moment pour que je puisse me consacrer à un dessin de contour de 5h !  Mais je vous avoue que de s’accorder le temps de travailler ces techniques un peu chaque jour est très motivant et apaisant !

L’ouvrage est divisé en sections, chacune aborde un aspect du dessin et est composée de plusieurs exercices. Pour ce résumé je regroupe les sections sous des thématiques transversales qui reviennent au fil de la lecture. Je précise que le livre est en anglais et que j’ai fait le maximum pour saisir la pensée de l’auteur à travers la langue de Shakespear.

Voici donc les 7 points essentiels à retenir du livre « The natural way to draw »

1/L’entrainement “à la dure” !

Ce qui m’a interpellé dès les premières pages ce sont les différents emplois du temps sous forme de tableau à chaque début de section. J’ai tout de suite pensé à un emploi du temps militaire et j’avais raison de le faire ! Kimon Nicolaïdes a servi dans l’armée américaine et a créé des camouflages lors de la première guerre mondiale. Pas étonnant que l’on retrouve autant de rigueur dans son enseignement !

Les exercices sont omniprésents dans le livre, chacun d’entre eux est alloué à une durée de 15 minutes. La durée de tous les exercices est de 3 heures au total. Contrairement aux livres que j’ai pu lire jusqu’a maintenant, il y a un investissement important qui est demandé au lecteur. On est loin des méthodes du genre « apprendre à dessiner en 30 jours ». Selon l’auteur on ne peut espérer progresser véritablement en pratiquant moins que ça chaque jour et pour une année.

Pour utiliser son manuel il faut commencer par lire la section puis pratiquer 3 heures. Il faut également se retenir de lire le paragraphe suivant avant d’avoir appliqué les exercices du précédent puisque c’est un système progressif. Les exercices isolent les phases essentielles du dessin.

Ces exercices ne sont pas destinés à devenir des œuvres d’art. Il est très probable que vous ne les montriez qu’à une ou deux personnes. L’objectif est de faire vos 5000 premières erreurs le plus tôt possible. Plus vite vous les ferez, plus vite vous les corrigerez.

En plus de la rigueur presque militaire de l’emploi du temps, l’auteur recommande de réaliser des dessins journaliers dans les endroits que l’on côtoie. Il propose de planifier les lieux que l’on souhaite dessiner dans un emploi du temps chaque jour de la semaine. Vous pouvez vous aider de ma fiche « dessiner votre promenade » si vous comptez suivre ses conseils en la téléchargeant ici.

2/L’exercice fondamental : le travail des contours

Le premier exercice de travail sur le contour est très minutieux. L’auteur fait cette belle analogie avec une montagne pour expliquer le procédé. Il écrit que de dessiner par le contour c’est comme gravir une montagne au lieu d’arriver à son sommet par avion. Il donne comme consigne de réaliser un dessin de contour où l’œil et la main sont coordonnés tout en ne quittant pas son modèle du regard. Voilà un exercice qui permet de se libérer de son appréhension de faire des erreurs et de prendre confiance en soi ! Vu la tête des premiers essais, on risque d’abandonner si on se prend trop au sérieux 😀

Vous pouvez vous exercer à la technique des contours en téléchargeant les deux fiches ci-dessous. L’une des versions est en texte télégraphique. Dites moi simplement dans les commentaires laquelle vous préférez pour que j’adapte les autres 🙂

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Il y a un passage que j’aimerai partager avec vous également, c’est la différence entre un « contour » et une « outline ».

Lorsque l’on parle du premier, on évoque la limite d’un objet dans l’absolu. Prenez deux pommes par exemple. Dans le premier schéma on voit entièrement le contour de la première, la seconde est en partie dissimulée.

Percevoir une « outline » serait de voir les deux fruits comme une seule et unique silhouette sans cette ligne qui les différencie.

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Ou encore de n’avoir que la pomme du second plan en partie « rognée ». La silhouette qui en résulte se retrouve amputée d’une zone, ce qui n’est pas réel puisque si l’on retire la pomme du premier plan on aurait une pomme entière devant les yeux. Cette ligne de démarcation entre les deux fruits est une « outline »

Pour résumé le contour est réel et la « outline » est « virtuelle ».

3/On se bouge avec la gestuelle du crayon !

Comme dans l’ouvrage « dessiner grâce au cerveau droit » l’auteur prend l’exemple de la signature pour expliquer le concept de gestuelle. Elle est réalisée à partir d’une impulsion et possède un rythme. C’est un conseil qui reviendra lorsqu’il sera question dans l’ouvrage du dessin d’attitudes. Il faut dessiner l’impulsion et non la position du modèle.

Nicolaïdes explique que même les objets inertes ont une gestuelle et qu’il faut la faire ressortir. Cela fait une énorme différence dans le dessin, au lieu de dessiner simplement l’objet il faut dessiner ce que l’objet fait.

On peut se dire que si il est immobile il ne fait rien donc qu’est-ce qu’on dessine ? L’objet est bien en activité, vu de ¾ il créé de la profondeur en passant d’un plan à un autre, en étant d’une couleur il contraste avec un autre élément de son environnement, et en terme de gestuelle ses lignes circulent. Essayez simplement de traduire un objet en dessin comme si vous signiez. Utilisez la même vigueur que votre signature vous verrez mieux l’activité d’un objet qui peut sembler inerte.

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4/Comprendre la pose

Une autre manière de voir ce que l’objet fait est de ressentir son énergie. Et là même chose vous vous dites comment faire ? Ou même qu’un objet n’a pas d’énergie ! Voici un exemple très simple pour vous prouver le contraire. Imaginez un galet sur le sol, pour le saisir et le soulever vous n’avez pas besoin d’utiliser beaucoup de force musculaire car il est léger. Maintenant imaginez un poids de 10 kg que vous tentez de soulever. Votre corps mobilisera beaucoup plus d’énergie pour réussir cette action. Ce que dit l’auteur est que la quantité d’énergie que vous avez dû utiliser pour déplacer l’objet est égale à l’énergie que l’objet exerce sur le sol.

Intéressant non ?

Cela marche également pour décrypter les postures. Lorsque une personne tient une pose pendant plusieurs secondes, elle mobilise une quantité d’énergie à certains endroits de son corps. Cette énergie vous ne la verrez pas vous devez la ressentir. On ne peut pas comprendre une pause si on ne la ressent pas. C’est pour cela que les professeurs d’ateliers insistent pour que vous adoptiez vous-même les postures des modèles pour mieux les retranscrire dans le dessin. Il faut participer à ce que fait le modèle pour le comprendre.

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5/La figure (des détails mais pas trop)

Un principe que j’ai apprécié lire dans l’ouvrage de Nicolaïdes (très bien expliqué encore une fois avec une analogie comme je les aime) c’est de voir la gestuelle sans les détails d’une posture. On vous dit dans les livres, de synthétiser une position, de structurer, de capter l’essentiel etc. Oui mais comment faire ? Voilà un exemple qui va vous éclairer. Vous avez déjà vu des savons sculptés en forme de fleurs ou d’animaux ? Ils sont plein de détails et les contours sont très nettement découpés. Lorsque vous utilisez les savons, à mesure que vous les mouillez, vous voyez les angles des contours s’émousser progressivement et diminuer. Après quelques temps, votre sculpture en savon ressemble à un objet informe et l’on a de la peine à discerner la sculpture de base.

Eh bien pour retranscrire l’essentiel d’une posture c’est la même chose mais à l’envers. C’est-à-dire que vous allez partir d’un savon émoussé (une esquisse aux contours peu définis) pour aller ensuite vers des étapes de précisions.

Essayez de retranscrire une posture en faisant abstraction des détails, pensez à un savon 😉. Lorsque vous vous souvenez d’un poème vous repensez aux images que celui-ci vous a évoqué et aux émotions qu’il a fait naître chez vous mais vous ne vous souvenez pas du texte lettre par lettre.

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6/Faites marcher vos neuronnes

Apprendre à dessiner c’est apprendre à regarder mais il ne faut pas pour autant mettre de côté les autres sens. On ne dessine bien que ce que l’on a expérimenté par les sens, un golfeur qui n’a jamais pris de cours de dessin peut dessiner un club de golf parce qu’il a eu une expérience répétée de l’objet, de son poids, de sa texture, de son odeur (peut-être pas son goût par contre).

Dessiner est également une opération du cerveau comme on l’a vu dans l’article « ce que vous devriez retenir de dessiner grâce au cerveau droit ». L’auteur évoque ici des exercices dont les consignes se rapprochent de celles données par Betty Edwards comme dessiner une pose en miroir par exemple.

Une des sections du livre est à propos du dessin en atelier. Selon la position de l’étudiant par rapport au modèle, il n’a pas d’autres choix que de dessiner la pose sous l’angle qu’il perçoit à sa place actuelle. Pour Nicolaïdes c’est une opportunité de réaliser un exercice qui va faire intervenir l’imagination et les connaissances anatomiques (qui au passage sont abordées de manière succinctes dans les 125 premières pages du livre).

Il s’agit simplement de dessiner le modèle comme si on était à la place d’un autre étudiant. Par exemple vous êtes situé en face de la personne qui pose, vous pouvez imaginer ce que voit l’étudiant qui est derrière le modèle. Ce que l’auteur appelle « structural imagination ».

7/Changez d’outil de temps-en-temps

Enfin le septième conseil retenu du livre est l’utilisation d’autres médiums que le crayon. Une bonne partie des applications se font avec le graphite mais dans divers sections, il y a des exercices qui sont proposés d’êtres fait à l’aquarelle ou au fusain. C’est important de changer de matériel régulièrement et de ne pas s’enfermer dans un seul outil car cela nuit à la créativité.

Le problème c’est qu’on peut se dire qu’il faut tout réapprendre pour utiliser le nouvel outil. Eh bien premièrement utiliser de l’aquarelle ne veut pas forcément dire que l’on passe d’une activité de dessinateur à une activité de peintre, on peut rester dans le graphisme (la ligne) en utilisant un pinceau. C’est de cette manière que l’auteur conseil d’appliquer les exercices.

Je suis parfaitement d’accord que le fait de changer d’outil permet de redécouvrir une manière de dessiner. Pendant un temps j’ai troqué mes crayons contre un pinceau feutre pour réaliser des croquis qui ressemblent à des calligraphies mais aussi réalisé des œuvres aux crayons de couleurs, au pastel et à l’acrylique.

Ce n’est qu’en expérimentant plusieurs médiums que l’artiste pourra choisir celui qui correspondra le mieux au sujet qu’il souhaite traiter, son tempérament, sa manière de travailler.

Finalement ce n’est pas la technique qui est le plus important pour réussir à s’adapter à un nouvel outil mais la conscience du modèle au lieu d’avoir conscience du medium. Une conscience que l’on peut acquérir si l’on utilise nos sens au maximum pendant notre dessin.

Le dernier conseil est que plus on se focalise sur comment manier le medium, plus cela est compliqué de réaliser une production mais lorsque l’on est complètement absorbé par le modèle, le matériel devient plus simple à manier mais de longues séances sont un passage obligé pour arriver à cet état.

Souhaitez-vous aller vers une compréhension plus profonde de vos dessins et de vous-mêmes ? Ou simplement appliquer des techniques qui peuvent certes vous donner des résultats mais qui ne laissent aucune place à votre personnalité et votre expérience ?

Vous avez maintenant l’essentiel de ce que j’ai retenu des 125 première pages du livre « The natural way to draw », il est très dense c’est pourquoi je vous invite à le lire si vous comprenez l’anglais vous y trouverez une mine de connaissance pour plusieurs années de pratique.

Sinon vous pouvez attendre que je publie la seconde partie dans quelques jours 🙂

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