J’ai testé le carnet “Sketchtravel”

By Roy Pallas | Test

Jan 19

 

SketchtravelRécemment, je me suis rendu dans une librairie et ai aperçu dans la pile des nouveautés du magasin, un livre rouge de format rectangulaire, qui me faisait penser à un carnet de dessin.

Je l’ai ouvert à une page au hasard et suis tombé sur une illustration accompagnée d’une photographie de son auteur. En tournant les pages, j’ai remarqué que le même procédé était appliqué pour d’autres dessins. Il y avait un artiste par illustration et au total 71 dessins étaient recueillis dans ce livre.

Cet ouvrage m’avait séduit, et pour autant je ne l’ai pas acheté immédiatement. Le hasard a fait que je suis retombé sur cet ouvrage dans un article dédié à Sketchtravel sur le net. Mon intuition m’avait encore une fois dirigé vers un petit trésor que je n’allais pas tarder à acquérir en échange d’un code à quatre chiffres tapé sur le clavier d’un TPE.

(Note : les liens figurant au bas de l’article sont des liens affiliés. Je donne plus de détails dans ma page “a propos”)

 

Le concept du carnet de voyage « Sketchtravel »

Tout est partie d’une idée folle de deux graphistes/illustrateurs : Daisuke Tsutsumi et Gerald Guerlais. Faire une liste d’artistes internationaux (60 au départ et 72 à l’arrivée) et leur demander tour à tour d’illustrer un carnet avec un dessin original de leur choix.

Depuis 2006, le carnet est transmis en main propre d’artiste en artiste. Tous ne se connaissaient pas forcément d’ailleurs. Chaque échange est immortalisé avec une photographie qui figure dans Sketchtravel. Plus qu’une compétition, c’est un défi que le livre propose, celui de réunir dans un seul ouvrage une liste impressionnante de dessinateurs talentueux et cela au profit de l’association Room To Read qui lutte pour l’éducation dans les pays défavorisés.

La vente de l’original de Sketchtravel a permis de verser la somme de 70 000 euros (information venant de bedeo.com) à cette dernière lors de sa vente qui s’est déroulée le 17 octobre 2011 à Bruxelles.

Les auteurs ont également mis en ligne une vidéo (assez rigolote) qui explique le projet.

 

Quel bel objet !

J’aime beaucoup l’aspect carnet de dessins du livre. On a l’impression que l’objet est tout aussi unique et intime que le petit bloc de feuille qui nous sert à dessiner des croquis pendant nos déplacements.

L’ouvrage est très agréable au toucher, il bénéficie d’une impression de qualité sur un papier qu’il est tout autant. La mise en page est très aérée avec de grandes marges blanches (si vous êtes comme moi vous apprécierez de ne pas avoir à lire en tout petit et tout serré).

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on en prend plein les yeux avec le carnet Sketchtravel!

À part les 12 premières pages d’introduction (qui au passage sont tellement inspirantes qu’elles vous donnent envie de tout le temps vous balader avec un carnet de dessins dans votre poche), ne vous attendez pas à beaucoup de blabla, priorité aux images ! Et des belles !

Le gros point fort de Sketchtravel c’est l’incroyable variété de techniques et d’univers contenus dans ces pages. Les dessins s’enchaînent et on passe sans transition d’un environnement festif au dessiné au crayon, à un paysage aux couleurs apaisantes, d’un collage à une bande dessinée, d’un robot à une sirène rattrapée par le temps… C’est surtout ça la magie de Sketchtravel!

Dominique Louis (détail)

Lorelay Bove

Michael Knapp

 

Dur dur pour les artistes…

Les participants au projet Sketchtravel ont la possibilité de laisser un petit mot avec leur réalisations. Dans les quelques lignes qu’ils écrivent, certains des artistes laissent leur angoisse de la page blanche s’exprimer…

Ce défi amical a donné quelques sueurs froides aux participants, mais tous ont pu donner le meilleur d’eux même (ce qui n’est pas facile lorsque l’on est précédé par des gens dont on admire le travail).

« La contribution de Lou Romano m’a donné la chaire de poule. J’aime beaucoup son travail » Eric Gosselet.

D’autres s’inquiétaient plus de la conservation de l’objet…

« Ce job m’a un peu stressé ; je suis très content d’en avoir terminé. J’avais tellement peur de perdre le livre… » Robert Valley.

« J’avais tellement peur qu’une goutte ne tombe sur une des pages que je le tenais sous ma veste, comme si c’était la Joconde.» Glen Keane.

Daisuke Tsutsumi et Hayao Miyasaki

Le livre est « vivant » parce qu’il se déplace de pays en pays, parce qu’il côtoie des artistes différents, mais aussi parce qu’il est le support d’un jeu dont les règles établies à l’avance évoluent au fur et à mesure du parcours du Sketchtravel.

Au début, il ne devait y avoir que des illustrations au crayon mais la couleur a été ajoutée dès le début par un des participants, si bien que tous les autres ont suivi son exemple…

Les artistes veulent se démarquer, ils essaient de dessiner sur deux pages, puis de tenir le carnet à la verticale (parce que personne ne l’a fait avant…), d’utiliser une technique originale…

Aussi, si la majorité des participants à Sketchtravel était anxieuse à cause des belles productions de leur prédécesseurs, d’autres se sont amusés à se faire des clins d’œil via leurs réalisations. Je sais pas vous mais moi ça me plaît cette solidarité :).

 

Petite anecdote…

Le livre a été abîmé à force de passer de main en main, si bien qu’un des artistes a proposé de construire un coffret en bois dans lequel il sera conservé et transmis. Le “livre-trésor-voyageur” est reproduit dans sa boîte en bois pour l’édition collector avec en plus des tirages limités du dessin de Nicolas de Crecy.

Par contre il vous faudra mettre 150 euros pour l’avoir dans votre étagère. L’édition standard est heureusement plus abordable, et a un très bon rapport qualité prix (29.90 euros pour 71 dessins inédits d’artistes ça fait moins de 0.50 centimes le dessin).

 

Au final, Sketchtravel c’est un livre pour qui ?

Même si cet ouvrage parle du voyage et qu’il possède une réelle richesse graphique, je le recommande plus particulièrement à ceux qui aiment la bande-dessinée et les dessins animés.

 

Les “plus” de Sketchtravel

+ L’aspect du livre très fidèle au carnet d’origine.

+ La qualité de l’objet (impression, mise en page…)

+ La portée caritative du projet.

+ Le nombre d’artistes présents pour ce projet.

 

Les “moins”

– Certains dessins sont un peu glauques… (mais est-ce que c’est vraiment négatif ?)

– Une certaine inégalité d’investissement dans les réalisations.

– Des découpages et collages qu’on aurait aimé voir en vrai.

 

 

Vous pouvez également le trouver en occasion sur Priceminister en suivant ce lien :

Cliquez ici pour voir le livre

 

Pour en savoir plus sur les techniques pour croquer et portraiturer, vous pouvez recevoir le pack du dessinateur débutant qui contient plusieurs fiches sur ce sujet en cliquant sur l’image ci-dessous.

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